Opposé au rationnel. Surtout dans le domaine des peurs.
Théoriquement les peurs rationnelles seraient sensées être les plus grandes, puisque tangibles, plus ou moins proches et, éventuellement, probables. Elles peuvent arriver à n'importe qui n'importe quand. De la petite tuile
de rien du tout au grand Bordel Catastrophique.
Et ensuite on a l'irrationnel. L'impossible, l'absurde, l'imaginaire. La peur des araignées, la peur du vide, la peur du noir, la peur du sang. Évidement, le fait qu'elles soient irrationnelles ne veut pas dire qu'elles n'ont pas de sens. Il y en a toujours un, plus ou moins flagrant et encore il varie d'une personne à l'autre.
Je ne sais pas si je l'ai dit auparavant, je crois mais je suis pas certain. Enfin bref, si jamais j'ai dit une fois que l'inconnu me faisait peur alors je reviens dessus. Au pire, l'inconnu me met mal à l'aise, me rend sceptique, dubitatif, mais ce n'est pas une phobie. Si c'était le cas je ne partirais pas seul pendant dans des semaines dans pays que je ne connais pas, où je n'ai aucunes connaissances et, au moins pour le Japon, dont le dialecte m'est totalement inconnu.
Tout ça pour dire quoi?
Eh bien tout ça pour en venir là: j'ai la chance, oui je dis chance car ce n'est pas quelque chose qui est donné à tout le monde, de voir m'arriver quelque chose. Quelque chose que je pensais, le moi dernier encore, m'être impossible de vivre un jour. De façon modeste je dirais que c'est quelque chose de bien. Bref, quelque chose que je n'ai jamais connu jusqu'à présent. Quoi que, pas tout à fait. Je connais très bien son contraire et j'ai eu "l'opportunité"/la "chance" d'avoir beaucoup de temps pour analyser, plus ou moins, ce domaine. Mais voilà, j'ai beau me dire que "ce n'est, après tout, que le contraire de ce que tu vivais jusqu'à présent", je ne suis pas totalement rassuré.
J'essaie de comparer ça à un voyage: on part de ce que l'on connait pour aller dans un endroit inconnu. Rien de sert de suivre ce chemin avec méfiance, "toute résistance est futile", il suffit de se laisser glisser et porter par les évènements, on verra bien ce qu'il se passe à la fin. Car dans un voyage, on sait plus ou moins où on est, et si jamais on est vraiment perdu on peut toujours trouver des indices (genre la géographie, la langue, la végétation, le climat, etc...).
Seulement le problème, c'est que ce que je vis ne ressemble à rien. Je ne sais pas ce que c'est. Un peu comme une personne n'ayant jamais vu ni entendu parler de l'océan et qui se retrouve au milieu du Pacifique. "Mais qu'est-ce donc que ce bordel?!" pourrait s'interroger notre voyageur égaré, accompagné de "et maintenant il se passe quoi? je suis sensé faire quoi? et après?".
Bon, la comparaison n'est pas vraiment appropriée. Autant ça me ferait chier de me retrouver au milieu du Pacifique, autant ce qu'il m'arrive en ce moment, il faut bien l'admettre, me fait voir les choses sous un angle nouveau (entre autre).
Enfin voilà, même si je suis content de ce qu'il m'arrive, très content même, je ne peux pas m'empêcher d'avoir ces sortes de crises d'angoisses incontrôlées, injustifiées (ou non) et irrationnelles.
J'imagine que ça va passer, disons le temps de s'y habituer.
"My world is changing and, well... I pretty much like it. Even if it is a bit wierd..."
Retour chez soi. Retour au quotidien, à la petite routine. Retour des habitudes, des réflexes. Retour des emmerdes et des déceptions.
Le genre de choses qui vous font comprendre que le bon temps est bel et bien fini et que les vacances sont terminées pour de bon.
Bon, je suis pas contre. Après tout "même les meilleures choses ont une fin" (oui, je sais ça fait très fataliste de raisonner via citations de proverbes). Mais on peut mettre fin à quelque chose en y mettant le fond et la forme tout de même! Comme par exemple filtrer les mauvaises nouvelles pour qu'elles n'arrivent pas toutes à la fois. Par exemple hein, ce n'est qu'une idée. Et encore je ne suis pas certain que ce soit la meilleure.
Parce qu'une mauvaise nouvelle de temps en temps, si à coté on a une vie relativement merdique, ça ne fera passer le temps que plus lentement. Renforçant l'idée que l'on se fait de sa propre existence. Mais, toutes les mauvaises nouvelles en une seule fois ça fait un choc aussi, mais ça dure peut être moins longtemps.
Enfin voilà. En bref:
-résultats d'analyses: mauvais.
-mon père qui "sort de l'ombre" et relance les procédures judiciaires, exigeant internement psychiatrique, etc...: tous les ans c'est pareil. Il perd, mais il sait que ça me fait chier, donc il continue.
-préparation au concours d'entrée à Sciences Pô: je vais en baver.
-fac, toujours aussi bordélique, rien de nouveau: c'est bien ça le problème.
Je pourrais aussi parler de mes jambes qui me tuent, de mon traitement qui m'assomme, de la rentrée imminente (mais ça on va dire que je m'en fout) et de plein d'autres petites choses qui ne sont pas chiantes quand elles sont prises séparément. Et c'est ça le hic, elles n'arrivent pas séparément. Les coquines...
Bon, sur ce je vais aller prendre mon petit déjeuner, le journal sur les genoux et la radio en fond sonore. Faut que je trouve quelque chose sur quoi faire passer mon aigreur. Ca tombe bien, j'aime pas le monde dans lequel je vis, c'est pas comme si il me donnait tous les jours des prétextes non plus. Enfin, si en fait.
Ca fait du bien d'être à nouveau "soi même". La bonne humeur je commençais à trouver ça étrange, pareils changements me mettent mal à l'aise. Et franchement, vous me voyez, moi, sourire tout le temps, être gentil, ne pas me plaindre et gémir? Non, ben moi non plus.
Faut pas déconner quand même...
Voilà.
Le voyage s'est achevé dimanche à 10:05am après 8heures de vol et un atterrissage à l'aéroport Paris CDG.
Que retirer de ce moi passé à Toronto?
Le climat: bien plus clément que celui de France, même si beaucoup plus capricieux. Il n'est pas rare d'avoir droit à une douche en plein milieu d'une belle journée ensoleillée. Mais on atteint pas les 37°C auxquels on aura droit jeudi prochain.
Les gens: bien plus aimables que les français. Me souviens d'avoir brisé les rêves de romantisme, gentillesse, bonnes manières, etc... d'une amie ukrainienne à ce propos. "Non, la France ce n'est pas DU TOUT ça. Les gens y sont malpolis, mal élevés, désagréables, grossiers et égoïstes. Et lâches.". Je sais, c'est mal de briser un rêve, mais mieux vaut ça que de se trouver devant le fait accompli et le nez dans la merde.
Ensuite les canadiens ont du style. Sur le plan vestimentaire je veux dire. Ils sont sobres, mêmes les personnes branchées. Ils savent ne pas sombrer dans le grotesque, la surcharge "fashion-victimiesque", ni le mauvais goût ou le vulgaire. En France il n'est pas rare de croiser des filles, par exemple, habillées comme des putes (venez pas me dire le contraire), des styles qui ne ressemblent à rien ou alors le très célèbre "roots-commerce-équitable-sauve-la-planète-mon-frère-peace". Pas à Toronto, en tout cas j'en ai pas vu.
Il y a aussi beaucou de gens tatoués. J'ai vu beaucoup de bras, manchettes surtout. La majeure partie du temps c'était de vraies pièces. Par vraies pièces j'entends de tatouages très travaillés et surtout originaux. De gros trucs bien couillus quoi. Du lourd. Mais du très beau. Mais aussi du très simple parfois. C'est défintivement mon truc les filles tatouées...
La ville: la ville m'a fait penser à un mélange de Londres et New York. New York, parce que c'est quand même grand, les rues, les trottoirs, la circulation, la signalisation, le style des gens, les bars et réstaurants. Et Londres parce que... sans doute les murs en briques, la classe omniprésente et la tête de la reine sur les pièces. La vie n'y est pas très chère, comptez 8€ pour une place de ciné (ils acceptent les cartes d'étudiants étranger), 20€ pour un weekly pass (métro-bus-street cars), 2€ pour une pinte et 15€ pour un bon réstaurant par exemple. C'est service non stop, même pour le petit déjeuner (pour les établissements proposant des petits déjeuners évidemment) et les fast-foods servent de très bons repas variés (coréens, thaïs, chinois, méxiains, pizzas, salades, etc...).
Alors oui j'en garde un très agréable souvenir, que même les mésaventures des premiers jours n'entacheront pas.
Par contre j'ai rémarqué qu'il y avait plus de photos que de textes dans mes posts précédents. J'arrangerai ça dans les jours qui viennent, histoire de développer un peu.
Parce que j'ai pris beaucoup de photos, mais j'en ai pas beaucoup parlé pour le moment.
Alors le Canada... enfin Toronto. Toronto est une grande et belle ville si on exclu les grèves des éboueurs. Oui, car à mon arrivée les éboueurs étaient en grève. Donc pas de ramassage de poubelles, et ça pue. Très beaucoup. Les poubelles publiques qui dégueulent, obligées d'être fermées avec du scotch pour que les gens n'en rajoutent pas. Les poubelles privées qui s'accumulent sur les trottoirs, si bien que des "dump sites" ont du être ouvert de part et d'autre de la ville; dans les parcs, les terrains de jeux, les terrains de sport. Certains légalement d'autres non.
Mais deux semaines après mon arrivée, la grève s'acheva. Et commencèrent les ballets incessants des camions poubelles. Et malheur à celui qui se trouvait coincé derrière un avec un vent de face... Oui, mon bus s'est trouvé coincé derrière un camion poubelle. Pendant 2 minutes. Mais que le camion poubelle part, l'odeur reste.
Sinon, les Torontiens sont des gens très aimables, chaleureux, gentils, aimants, charmants. Bon j'en rajoute peut être un peu, mais c'est pas loin d'être ça. Dans les bars/pubs/restaurants les serveurs sont aux petits soins avec vous, viennent vous voir pour savoir comment ça va, engagent la conversation. Ce genre de choses. Ils vous accueillent avec un grand sourire et tout. C'est sans doute commercial, mais c'est toujours mieux que d'être reçu par quelqu'un qui tire la tronche. Genre un serveur parisien. Un vendeur de magasin viendra vers vous pour savoir ce que vous cherchez, si vous avez besoin d'aide ou quoi. A la Fnac tu peux rester trente minutes dans un rayon, en vue d'un vendeur, sans qu'il vienne te voir pour savoir si il peut t'aider...
Les gens sont aussi "aidant". Allez vers quelqu'un, n'importe qui, demandez lui où se trouve tel ou tel truc, ou n'importe quoi, et ils vous répondront. Le truc c'est qu'ils vous répondent gentiment, avec le sourire et vous donnent des informations exacts. Parfois même ils peuvent vous proposer de vous accompagner.
Enfin voilà, niveau climat disons que c'est comme la France mais en plus humide et plus pluvieux. Et quand il pleut c'est une heure en plein milieu de la journée. Mais pluie du genre mousson. Mais on est quand même loin de l'été japonais avec ses 40°C. Là on casse pas les 30°C.
Pour ce qui est de la diversité, il y a de toute à l'école. Mais surtout de espagnols, ils sont, en quelque sorte, payés par leur gouvernement pour voyager. Sinon il y a des ukrainiens, des bulgares, des italiens, des saoudiens, des japonais, coréens, chinois, mexicains (oh noes! mexicans!), allemands, suisses, français.
Oui alors, parlons en un peu quand même.
Vous devez vous souvenir de la première famille, celle dont je vous ai parlé quelque peu au début de mon séjour. Eh bien j'en ai changé. Mais ça fait deux semaines déjà.
Donc voilà, quelques nouveautés anciennes: ma "nouvelle" famille est mieux. Vous me direz, c'était pas dur.
Sinon, retour d'un weekend de trois jours (le 3 Aout étant férié chez les Canadiens). J'ai pu visiter pas mal de choses, dont les Chutes du Niagara.
Photos plus tard dans la journée/semaine.

J'ai hâte de voir ça! ^^ read more
on On m'a dit un jour...